Variation sur le Bleu

 

Bleu comme l'oiseau qui chante là-haut sur les cimes enneigées, majesté de la vie.
Bleu comme la mer turquoise, bleu comme les poissons qu'elle cache en sa demeure.
Bleu comme ce train qui sort de cette gare, wagon couchette où dorment des gens qui vont nul part.
Bleu comme l'avenue sous le soleil d'été, les palmiers verts, reflet du bleu de ton rire qui me manque que je voudrais entendre.
Bleu comme la peur, la peur de ne pas trouver mes mots ou mes maux ? Dis !

 

Bleu je me sens bleu comme ce jeune soldat qui meurt sur une terre hostile et étrangère.
Bleu comme le ciel qui se mire dans les crevasses de la neige.
Bleu comme le froid qui entre en moi et me glace quand je vois un homme taper un enfant ou un animal.
Bleu quand je vois un homme détruire sa terre notre terre, bleu.
Bleu, la colère bleu, tout est si bleue en moi, mon cœur meurtri est bleu.

 

Bleu, comme mes lèvres le jour de ma mort, dis tu t'en souviens ?
La mort bleue qui paralyse l'homme dans son dernier soupir, sa dernière larme, sa dernière bière, sa dernière vie, son dernier baiser.
Alors madame la mort bleue avec ta permission mon amie et moi on va attendre d'autre ciel bleu.
Bleue cette mélodie que je sifflote pour toi ce soir.
Variation sur le bleu des cordes d'une guitare, comment ?
Je ne sais pas jouer de la guitare !

 

Tant pis on jouera du piano bleu, du violon bleu, puis de toute façon tout s'apprend même le bleu, le bleu de l'onde d'un coeur perdu dans l'absence de ta voix bleue pur.
Perdu dans la plaie bleue que tu as laissée dans mon cœur, sur un grand bleu.

 

Philippe Brasseur

1999

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