Délir épais

 

Dans l'aube froide qui s'éveille
Des ombres de toi me réveillent
Un pont de bois peint en brun luies
Dans le lointain d'une télé de nuit.

J'entre vêtu de rien dans le silence
D'une nuit longue de ton absence
Je sens en moi la souffrance d'un accordéon
Qui tord ses soufflets d'air sous tes talons.

Comme mon chien, je fais les cent pas,
Perdu dans l'espace ouvert, je suis là,
Tournant en rond à se mordre la queue
Cette nuit rend les astres acides et visqueux.

Mon esprit comme mes batteries
Sont vides de sens, ciment, enfin, prit
Ton image fixe sur le plafond blanchi
Neptune me guide dans tes moments chéris.

Ne pars plus, reviens-moi mexicaine
Cheveux au vent, citron dans l'haleine
Corps d'huile d'olive verte brillant
Nudité d'un soleil brillant diamant !

Reviens-moi comme le vent
Gifle-moi de ces mots que j'attends
Donne-moi, tes dents, tes lèvres
Laisse-moi devenir ton orfèvre.

Sculptant sur les étoiles ton nom
Graver ton sourire sur les balcons
Peindre à ton image champs et forêts
Et dans le feu de l'amour nous noyer.

Et c'est là dans le cœur d'un oiseau
Que nous renaîtrons sans nos fardeaux
L'esprit libre encore de nous aimer
Au chant des prés fleuris de l'été.

 

Philippe Brassseur

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